La Neuilléenne Claudine Bembaron a reçu la médailles des Justes au nom de ses arrière-grands-parents. Retour sur une cérémonie solennelle et humaine dans les salons de l'Hôtel de ville de Neuilly.
C'est en présence de Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine et conseiller général des Hauts-de-Seine, de Viviane Saül et Alain Habif, délégués du Comité français Yad Vashem et Elad Ratson, directeur des relations publiques de l'Ambassade d'Israël en France, que Mme Claudine Bembaron a reçu, mardi 7 février, la médaille ainsi que le diplôme des Justes qui honore à titre posthume ses arrières grands-parents, Charles-Julien et Berthe de Lespinasse.
Cette récompense honore les personnes non juives qui ont sauvé des juifs durant l'occupation, au péril de leur vie car eux-mêmes étaient déportés s'ils étaient dénoncés ou découverts : "les justes étaient comme chacun d'entre nous, avec leurs qualités et leurs défauts d'homme. Mais, à un moment donné, ils ont su dire non alors que la plupart baissaient la tête, faisant semblant de ne pas voir", a rappelé Alain Habif.
Claudine Bembaron, neuilléenne de longue date, est l'arrière petite-fille de Berthe et Charles-Julien de Lespinasse qui ont accueilli et sauvé les Garhi, durant la seconde guerre mondiale. "Je suis très fière de cet hommage rendu et de cette reconnaissance. Mais pour eux c'était un geste naturel, ils n'auraient jamais pensé en tirer aucune gloire", a-t-elle expliqué, émue. De son côté, Jean-Christophe Fromantin a précisé que "beaucoup de Justes n'attendaient aucun retour de leur geste. Ils l'ont tout simplement fait car ils étaient inspirés de leur principe de liberté et d'humanité" et d'ajouter, "j'espère que cette humanité continuera à jalonner nos vies."
De l'humanité Berthe et Charles-Julien de Lespinasse en avaient à revendre et les enfants Garhi, Claude et Sylvie, sont venus en témoigner devant un public ému et recueilli : leur père, Henri, a fondé en 1932 Safety, une entreprise de métallurgie, à Courbevoie et dont le siège est à Neuilly. Lorsqu'en 1935, les autorités françaises ordonnent le repli des industries dans la Sarthe, Henri préfère installer sa société dans la Creuse.
Quand les rafles commencent en zone non occupée, la famille apprend qu'ils ont été dénoncés. Ils trouvent alors refuge à Nice, fin 1942, dans la famille d'un de leurs clients : chez Charles-Julien de Lespinasse, ancien fonctionnaire aux affaires étrangères et sa femme Berthe. "Nice était un refuge, c'est vite devenu une souricière", explique Claude et son père vit caché dans le grenier de la villa où il lit l'histoire universelle Larousse.
Au moment où la Gestapo fait savoir que toute famille hébergeant des juifs sera arrêtée et déportée, Charles de Lespinasse a cette phrase qui restera gravée à jamais dans la mémoire des Garhi : "S'ils vous arrêtent, nous viendrons avec vous."
Malgré tout, ils partent pour Villefranche de Rouergue dans l'Aveyron où naît, en 1948, le frère de Claude et Sylvie, Jacques, qui a aujourd'hui quinze petits-enfants : "On dit bien qui sauve un homme, sauve l'humanité", témoigne Claude qui a contacté Claudine Bembaron en 2008, après avoir vu son arbre généalogique sur Internet.
La cérémonie rythmée par Nuit et brouillard, la chanson de Jean Ferrat, par la chorale de l'école Bilingue et par la Marseillaise s'est achevée par une minute de silence.
Agenda
- 24 mai Aide pour la déclaration d’impôt sur le revenu
- 31 mai L'Ensemble Vocal de Neuilly Fête son 65ème anniversair...
- 12 juin - 14 juin Exposition annuelle des Artistes à Neuilly

